COQS

Par Dominique Convard de Prolles (DCDP)

Drame – À PARAÎTRE

Après un terrible drame, une famille essaie de se recomposer un foyer et une âme. Plus tard, un homme déchu tente de parcourir le même chemin en découvrant un puzzle étrange où se mêlent politique et télé-réalité. Au gré des tourments du Monde et de leur monde, se tracent réflexions, jugements et résignations à propos de ces petites choses qui traversent leurs vies.

Pour votre plaisir, le premier chapitre est disponible sur cette page. Bonne lecture.

BASSE COUR

Le décor du studio était bleuté et ouvert, presque plat. La couleur bleue était accueillante et apaisante. Le mur de verre, soutenu par des piliers incrustés de téléviseurs, rendait ce bleu très pastel, encore plus liquoreux avec ces multiples effets de transparences et de réflexions. Tout était fait pour inviter le téléspectateur à s’immiscer sur le plateau du journal télévisé.

À venir s’asseoir autour de cette étrange table ; à observer les journalistes qui travaillaient d’arrache-pied pour condenser toute une journée du Monde en trente minutes ; à voir au travers de leur travail, à la recherche de cette capacité étrange de choisir ce qui, finalement pour le téléspectateur, lui était si proche, et d’en rejeter ce qui serait trop abstrait à son esprit ; à fouiner sur les bureaux de ces gens qui avaient une sensibilité identique à celle du téléspectateur, pour en obtenir documents anciens, indices, paroles, qui leur ont soufflés ces sujets si croustillants en nouvelles et en argumentaires.

Mais à cela, il y avait un garde-fou. Cet être si étrangement hospitalier, si propre sur lui, si affiné du visage, ne pouvait pas s’abstenir de dévoiler les malheurs et les craintes du téléspectateur, les espérances et les joies des autres. De la même manière, il empêchait quiconque d’en connaître tout autant que lui, afin d’avoir encore des primeurs pour demain. Il ne permettait pas que quiconque puisse s’attabler avec lui. Ainsi était le chef d’orchestre de ce court moment, où lui seul disait au téléspectateur quoi penser à l’aide de multiples visages d’acteur, qu’il était. Et la vitre du téléviseur n’y pourrait rien changer, car une fois pour toutes, il était et resterait seul maître des lieux.

« Mesdames et messieurs, bonsoir, lança le présentateur du journal télévisé. Merci de suivre cette édition. Et tout d’abord, un peu de baume au cœur pour tous ceux qui habitent à l’Ouest du pays. »

Une carte schématisée de la France métropolitaine glissa à l’écran.

« Météo France affirme que la dépression se déplace vers le nord. Elle sera suivie par une hausse des températures, offrant surtout une accalmie de vingt-quatre heures sur le front des précipitations et des inondations. »

La carte disparut pour laisser place à un visage qui effaçait son sourire.

« Notre consœur reviendra plus en détail sur cette aubaine providentielle après notre édition.

« Cela ne doit toutefois pas faire oublier les sinistrés de l’Anjou qui ont déjà beaucoup perdu, et devant la stagnation des eaux, voient le peu qu’ils leur restent être rongé par l’humidité. Aujourd’hui Monsieur Etienne Grolier de Benjac, notre Premier ministre, s’est rendu sur place, afin de réconforter les habitants de la région, et de se rendre compte, avec l’aide des élus locaux, de l’étendue des dégâts. Didier Lonce et Charles Guibert l’ont suivi toute la journée. »

Une vidéo fut lancée depuis la régie de la télévision. Des images prises avec une caméra à l’épaule tressautèrent sur les téléviseurs des téléspectateurs. Une voix claire et accentuée couvrait le reportage, monté comme une tragédie.

« Tôt ce matin, le maire écologiste de Saumur et les élus des communes sinistrées ont reçu le Premier ministre, ainsi que les délégations des ministères de l’Agriculture, de l’Équipement et des Transports. »

D’une rangée de berlines longues et noires, sortaient plusieurs hommes en costumes cravates. L’un d’eux sortait du lot avec son ensemble trois pièces plus clair que les autres, et les maires, portant l’écharpe tricolore, s’empressaient de lui serrer la main. Entourés de gendarmes accoutrés de treillis et coiffés de képis, le groupe d’officiels s’élançait.

« De suite, le Premier ministre a demandé à voir directement la zone sinistrée et tous les officiels sont montés à bord des camions de l’armée. Rapidement, les premiers énoncés donnaient le ton de la rencontre. Les différents maires ont fait part de leurs premières estimations. »

La main d’un maire barbu dansait sur l’horizon au rythme de ses paroles.

« Tous ces champs sont habituellement couverts de plantations de maïs et de tournesol. Plus loin ce sont des pâturages. Nous avons pu déplacer les bêtes avant la nouvelle montée des eaux. Ici, les plus à plaindre sont les agriculteurs. Nous avons aussi perdu énormément sur plusieurs Zones d’Activités Commerciales que nous avions développées ces dernières décennies, avec le soutien du Conseil Général. »

Le commentaire audio du reporter reprit.

« Après une longue boucle au cœur des eaux stagnantes, les officiels sont revenus en zone résidentielle, où le Premier ministre a tenu personnellement à rencontrer les sinistrés afin de les écouter et de les réconforter au possible. Mais l’accueil a été plus tendu que prévu. »

Une foule dispersée vint au contact de la troupe d’officiels, protégés par des gendarmes inquiets. L’escorte laissa passer un homme à la mine pitoyable, dont le Premier ministre s’empressa de serrer la main.

« Merci de venir nous voir, Monsieur le Premier ministre.

— Mais c’est normal et cela fait partie de mon…

— C’est vrai qu’à Paris, là-haut, vous êtes pas les pieds dans l’eau depuis une semaine.

— Je compatis pleinement à votre peine, fit le Premier ministre, interloqué. Vous savez, monsieur, le Gouvernement et moi-même étudions diverses…

— Si vous compatissez à notre sort, Monsieur Grolier, qu’attendez-vous pour ouvrir les vannes des Ponts-de-Cé. Vous savez, ça nous aiderait beaucoup pour y voir plus clair dans tout ça.

— Mais nous ne pouvons pas faire cela, cher monsieur. Ce serait dan…

— Ah ! Vous ne pouvez pas ? Alors que pouvez-vous pour nous ? C’est bien gentil de venir nous voir ici-bas, mais c’est de choses concrètes dont nous avons besoin.

— Mais je… »

L’homme prit la main du Premier ministre et ne la lâcha plus jusqu’à ce qu’il finisse sa phrase par un rictus complice, sinon cynique.

« Nous vous remercions d’être au moins venu nous voir, mais ici c’est la mare aux canards. C’est pas fait pour les cygnes. Et une dernière chose, s’il vous plaît, si vous savez quoi faire pour nous, n’attendez pas l’année prochaine, après les élections présidentielles. Je ne suis pas sûr que vous soyez élu si vous vous en servez comme programme électoral. »

La voix du reporter couvrit de nouveau les images.

« La visite a été plus calme par la suite et le Premier ministre a pu se permettre de répondre à nos questions. »

Après les multiples pavillons qui dépassaient d’une mer calme et grisée par un ciel assombri, le montage enchaîna avec un plan large sur le visage du Premier ministre.

« Je dois vous dire que nous pensons à cette éventualité. Mais tant que la Loire sera autant gorgée par les eaux plus en amont, nous ne pouvons pas nous permettre de lâcher encore plus d’eau dans ce fleuve. Pourquoi devrions-nous vider une région déjà noyée pour en inonder d’autres plus en aval ?

— Monsieur le Premier ministre, que comptez-vous faire exactement pour ces gens ?

— Plusieurs projets sont à l’étude. Déjà, d’autres militaires viendront compléter les premiers effectifs déployés ici, afin d’aider les habitants et les élus locaux à sauver le maximum de biens. Une antenne psychologique sera également déployée dans les jours qui viennent. Je tiens à saluer l’excellent travail que tous ces hommes et toutes ces femmes ont pu faire jusqu’à maintenant, et l’énergie qu’ils ont encore en eux pour les jours à venir est salutaire. J’admire également l’entraide et la générosité que les habitants de cette région partagent entre eux durant cette épouvantable épreuve. Je ne puis que voir le calvaire dans lequel vivent ces gens et je comprends parfaitement le désarroi de certains. »

Le commentaire du journaliste reprit.

« Le gouvernement repartit à Matignon en fin de journée, emportant les multiples dossiers remis par les élus locaux et le Préfet du Maine et Loire. Les élus de la Majorité, composant le gouvernement, étudierons ceux-ci en eaux plus calmes. »

« Il s’en tirera mieux la prochaine fois. »

L’invité avait parlé avec cynisme. Il prit son verre de whisky, dans lequel se reflétait l’écran du téléviseur, unique lumière de la pièce, et le porta à sa bouche.

L’hôte ne semblait pas apprécier la tirade, fixant l’invité qui reposait son verre allégé sur la table basse placée entre leurs fauteuils.

Sur l’écran du téléviseur revint le visage du présentateur.

« Comme vous avez pu le voir sur ces images, le désespoir est grand chez ces habitants sinistrés, et l’inquiétude gagne sur l’importance des pertes personnelles. Et alors ? disent-ils. Effectivement qu’en est-il aujourd’hui, Patrick, » fit-il en se tournant sur sa gauche.

Une deuxième caméra prit l’antenne et un homme cossu apparut.

« Eh bien, Jean Pierre, l’inondation qui a eu lieu dans le Saumurois est typique de toutes celles qui ont cours actuellement un peu partout, et qui sont à prévoir au nord de la France. À l’origine, les pluies légères, mais qui sont tombées sans discontinuer depuis deux mois, ont gorgé les sols. Résultat, il suffit d’un orage violent ou d’une averse importante et longue pour créer ces zones inondées.

« Pour en revenir au Saumurois, un léger débordement de La Loire, et des quelques ruisseaux qui serpentent au cœur des plaines, a suffi pour mettre sous un mètre d’eau des quartiers résidentiels et quelques pâturages. Météo France annonce l’arrivée d’un printemps plus calme et chaud, mais rien n’est moins sûr pour l’évacuation de ces eaux stagnantes. Un des habitants que l’on a vus dans le sujet, a dit que cette région pourrait trouver son salut dans l’ouverture des vannes du barrage des Ponts-de-Cé, situé plus en aval, à quelques kilomètres, servant habituellement à évacuer le surplus d’un petit ruisseau qui court au cœur des plaines du Saumurois. Pourquoi pas, mais cela ne fera pas tout le travail.

« Aujourd’hui, les averses ont lieu plus au Centre de la France, gonflant la Loire en amont. Le niveau n’est ainsi pas prêt de descendre sous sa côte d’alerte, ce qui ne permet ni l’ouverture de ces fameuses vannes, ni l’ajout de pompes à fort débit. Donc à ce jour, ces habitants devront encore faire preuve de patience avant de voir une décrue s’annoncer.

— Le gouvernement est très touché et se sent concerné par ces catastrophes. Mais que peut-il réellement faire à l’heure qu’il est, Patrick.

— Rien, Jean Pierre. Rien de plus que ce qu’il a déjà fait, c’est à dire redéployer les unités de gendarmerie et mettre des effectifs militaires à la disposition des préfets et des élus locaux, et attendre que la Nature se calme, que les choses reviennent à la normale. »

« Nous avons besoin d’une petite aide, » lança calmement l’hôte, sans quitter des yeux le journal télévisé.

« Pendant que le Premier ministre, Monsieur Grolier de Benjac, chef du Gouvernement et chef de la Majorité en place à l’Assemblée Nationale, se déplaçait dans le Saumurois, continua le présentateur du journal télévisé de la première chaîne nationale, le Président de la République, Monsieur Jean-Hubert Ensennec-Faillard, haut représentant de l’Opposition, a reçu aujourd’hui à l’Élysée les élus des autres régions sinistrées. Et fait étonnant dans toute la Vème République, uniquement les maires portant l’étiquette de l’Opposition. Flavie Gourut était sur place. »

Une voix féminine couvrit la montée des marches de plusieurs hommes en complets noirs et gris, ainsi que leur salut à la première personne et unique représentant du Peuple Français.

« Ce matin, les deux personnages de la cohabitation tenaient à être présents auprès des sinistrés. Pendant que le Premier Ministre s’était rendu sur place pour faire part de sa compassion aux Saumurois, le Président de la République Française a fait venir à lui, les élus locaux des autres régions sinistrées. »

Un homme bien en chair, portant une écharpe tricolore, signe distinctif des Maires de France, s’arrêta devant la caméra.

« Nous faisons appel aujourd’hui au Président de la République, afin de voir si nous importons pour quelqu’un. »

La commentatrice reprit le fil.

« Toutefois, après vérification auprès du Secrétaire d’état, seuls les élus de l’Opposition étaient conviés au rendez-vous, réclamé par le Président lui-même. Une courte heure plus tard, le Président de la République, suivi par la délégation d’élus locaux, se présenta aux journalistes. »

Le montage vidéo montra le Président de la République Française, fier et fatigué, aligné en rang avec la dizaine d’hommes qui avaient gravi les marches auparavant. Entre les mains du premier représentant de la Nation Française, bien en évidence pour les caméras de télévision, deux cartes géographiques montraient les zones inondées par les pluies des jours précédents. Elles étaient très colorées, simples à comprendre, lisibles depuis les caméras, et plastifiées. Du premier coup d’œil, un maquettiste de presse pouvait estimer qu’une journée de préparation avait dû être nécessaire pour obtenir de tels documents.

Un gros plan sur le Président de la République suivit et celui-ci parla calmement, de manière très réfléchie.

« Ces maires, dernièrement élus, sont venus me voir aujourd’hui pour présenter leur sincère désarroi et leur terrible inquiétude sur l’immobilité du gouvernement à réagir face à cette épouvantable catastrophe. Je déclare solennellement prendre entièrement compte de toutes leurs pénibles peines et assurer personnellement que le gouvernement fera son travail auprès de ces habitants opprimés par les caprices du temps. »

Un second gros plan prit place et un maire qui s’exprimait légèrement gêné.

« En la personne du Président de la République, nous avons trouvé une oreille attentive à nos malheurs. Il prend en charge personnellement cette affaire et nous savons d’avance que les mesures ne se feront pas attendre. »

À l’écran, revint le rang de maires et du Président de la République Française, portant toujours les deux cartes colorées et propres, prêtes à être mise sous classeur.

« Je ne suis qu’un entrepreneur en constructions immobilières, vous savez, » déclara l’invité.

Il essaya de deviner le but de sa présence, mais il ne sut rien déceler dans la voix franche de son hôte.

« Je n’ai rien d’un homme politique, » renchérit-il.

« Passons à l’international, maintenant, avec le Traité de Kyoto, qui a été bafoué définitivement, reprit le présentateur. On savait déjà les États-Unis d’Amérique réticents à la signature du traité, qui devait ordonner aux pays signataires la réduction des gaz qui avaient une incidence sur le réchauffement de la planète. »

Sur le téléviseur, apparut un homme d’une cinquantaine d’années, cheveux grisonnants. Il se tenait debout, empoignant fermement des mains un pupitre sur lequel était apposé le sceau de la Maison Blanche. À l’image manquait le son, mais l’homme semblait hurler comme s’il voulait qu’on l’entende d’un bout à l’autre du globe. Il haranguait ainsi le monde comme un juge déclarant sa sentence meurtrière pour un crime immoral et impardonnable. Comme un maître s’esclaffant d’un air sérieux à ses esclaves, prêt à supprimer leurs rations de nourriture. Comme le dictateur d’une région bananière provoquant ses ouailles pour que l’on vienne réclamer punitions à ses fautes.

« Aujourd’hui même le Président américain a réfuté complètement les accords passés en avouant ne pas vouloir les porter au Congrès Américain, afin de les ratifier. Il se défend de cette position politique en déclarant, je cite, préférer ne pas nuire au bon développement des entreprises américaines, qui sont les seules à permettre, grâce à la foi des cadres et des ouvriers de la nation américaine, de sortir de la crise économique, plutôt que de suivre des hypothèses non fondées et évasives de scientifiques mélomanes. Fin de la parenthèse. »

Le présentateur resta souriant en continuant de lire le prompteur.

« Il est clair qu’après avoir bafoué le droit des femmes, évincer la possibilité d’une sécurité sociale et écarter l’écologie de tout positionnement politique, le président américain fraîchement élu a bien l’intention de faire table rase du travail effectué par son prédécesseur et de ses promesses électorales, quitte à se mettre à dos son propre électorat et le reste du Monde. »

« C’est bien pour ça que je fais appel à vous, » répliqua l’hôte politicien.

L’invité se tourna vers son hôte et fixa un homme toujours plongé dans le journal télévisé. Ce qui n’empêcha pas le diplomate de reprendre, ayant senti la pleine attention de son comparse.

« Là-haut, il n’aime pas trop tout ce qui s’est déroulé ces derniers temps. Pendant les élections municipales, il y a quelques semaines, nous tous les politiciens, nous nous sommes battus que pour les agglomérations urbaines, et qui plus est, en oubliant tout le reste. Comme si nous étions seuls dans ce petit univers. Et ça, tous en France l’ont remarqué !

« Donc il aurait préféré que les électeurs oublient tout ça, mais les cieux nous obligent au contraire à reconquérir l’électorat sur tous les fronts. Ce n’est pas bon pour les affaires. Mais les autres n’hésiteront pas à se jeter sur cette chair fraîche, et par conséquent, notre ami devra s’y mettre aussi. En tout cas, c’est ce qu’il pense. Et les uns comme les autres ne feront que prendre à la volée les possibles reconquêtes. »

« Aujourd’hui, une signature importante a eu lieu dans nos locaux. Les directions de la sixième chaîne hertzienne et la nôtre ont conclu un partenariat pour lancer une nouvelle chaîne sur le câble et satellite. Reportage d’Etienne Hubert. »

Le reportage qui suivit s’élançait sur la vision d’hommes et de femmes riches et souriants, buvant champagne et mangeant petits toasts, habillé d’un commentaire à la voix enjouée. Cette démonstration de luxe semblait décalée par rapport au type de téléspectateurs habitués au journal télévisé de vingt heures.

« Cet après-midi, Monsieur Guibert, P.D.G. de notre groupe Cartel Productions, a sabré le champagne. Mais cette fois-ci il était accompagné de Monsieur Nuttbrumgre, délégué général du directoire de Freegeek Entertainements, filiale de Gabner & De Mescher. »

Un homme partageait l’écran avec son embonpoint caché sous un veston et parlait face à la caméra, brandissant une coupe de champagne.

« Elle couvre l’alliance de deux importantes chaînes qui ont su rendre efficace leurs programmes d’information. Et c’est cela que nous allons affirmer sur la nouvelle chaîne câblée Chroniques. »

Un homme calme et réservé retenait une certaine jouissance, en symbole dans sa coupe de champagne couverte de ses mains.

« Nous sommes ravis de cette opportunité. Aujourd’hui, c’est une véritable reconnaissance de l’importance qu’a acquise notre chaîne au fil du temps. J’espère que l’avenir nous prouvera que nous avons raison, et ce, grâce à de multiples productions en communs. »

« Il voudrait que les choses se tassent un peu, continuait l’hôte. Il faudrait un truc important pour que tous pensent à autre chose. Assez fort pour que l’on efface ces derniers mois des mémoires, Suffisant pour que l’on entende que lui et ses partenaires lors des prochaines élections.

— Oh ! Je vois, fit l’invité. Et il vous faut ça pour quand, Monsieur Gravelier ?

— Disons que nous préparons les présidentielles. »

L’invité se redressa soudainement dans son siège.

« C’est dans un peu plus d’un an ! Effectivement, il va falloir se mettre au boulot rapidement. Et que proposez-vous en échange ?

— Aimez-vous l’eau ?

— Disons qu’en ce moment, je m’en passerais bien. Tous mes chantiers ont du retard. Et moi-même, je commence à avoir la migraine avec toutes ces pluies.

— Sachez que les bâtiments officiels aussi. »

Ils se turent tous les deux et fixèrent le téléviseur qui diffusait une publicité pour un déodorant, sous les traits d’une femme blonde et voluptueuse marchant sous un soleil radieux.

J-392

©Dominique Convard de Prolles 2019

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